Son souffle est court, son cœur bat la chamade, et sa conscience la ramène instantanément à la chaise métallique rouillée du cachot. Une fois de plus, elle croit entendre le clic sec de l’appareil photo et que le flash aveuglant du maniaque va lui brûler les yeux. Pour éviter cette douleur, elle passe le plus clair de son temps dans une pénombre artificielle.
Le récit de ce voyage terrifiant laisse une empreinte profonde et déprimante. Le dernier épisode de cette tragédie se déroule dans le salon de sa maison hermétiquement close. Dehors, une averse glaciale d’automne fait rage. De grosses gouttes frappent les vitres avec monotonie, créant le seul bruit dans le silence de mort. Julie est assise dans un profond fauteuil, enveloppée par une pénombre salvatrice.
Ses doigts fins serrent fermement une vieille photographie couleur légèrement décolorée. C’est une photo d’octobre 2010, prise quelques heures avant leur disparition tragique.