Jean-Pierre Raffarin : enquête ouverte après une « collision » impliquant sa voiture de fonction

Jean-Pierre Raffarin : enquête ouverte après une « collision » impliquant sa voiture de fonction

Jean-Pierre Raffarin – L’accident se produit le 11 juin dans le 17e arrondissement de Paris. Une moto et une voiture administrative du ministère des Affaires étrangères, avec chauffeur, entrent en « collision ». Le parquet de Paris confirme l’information.

Les circonstances de l’accident

Le motard est gravement blessé aux testicules, selon une source proche du dossier. Il déclare « être passé au vert et avoir été percuté par une voiture avec gyrophare arrivant par sa droite, qu’il avait vue trop tard ». Le parquet précise qu’un témoin affirme que le véhicule est passé au rouge.

Le conducteur, âgé de 53 ans, indique « avoir fait usage du deux-tons » et explique que « la présence d’un camion avait pu restreindre la visibilité ». Selon Victor, prénom d’emprunt, 30 ans, il ne se souvient pas avoir entendu la sirène « sur le moment ».

Victor rapporte aussi que, d’après les policiers, le conducteur « roulait à 60 km/h ». Jean-Pierre Raffarin déclare de son côté que le chauffeur a ralenti et activé le gyrophare « en raison d’une situation confuse au carrefour ». Une note du Quai d’Orsay, citée par Mediapart, indique que M. Raffarin a demandé l’activation du dispositif.

Les réactions et accusations

Victor affirme que « ni le chauffeur, “ni M. Raffarin ne se sont souciés de moi. Ils ne m’ont pas aidé, ne m’ont pas parlé et n’ont pas pris de mes nouvelles” ». Un témoin cité par Mediapart indique que, après l’arrivée de la police, « Jean-Pierre Raffarin est parti discrètement à pied (…) sans s’enquérir du blessé au sol ».

Une source proche du dossier précise que M. Raffarin n’a ni vu ni appelé la victime à ce jour. Fin juin, l’ancien Premier ministre déclare sur X regretter « profondément » l’accident. Il affirme aussi : « Je me suis rendu immédiatement à l’hôpital pour prendre des nouvelles et laisser mes coordonnées ».

Victor confirme que Jean-Pierre Raffarin s’est rendu à l’hôpital sans pouvoir le voir et qu’il a laissé un mot. « Dans cette lettre, il incrimine complètement son chauffeur », explique-t-il.

Il ajoute : « À la fin, il précise regretter tout cela et laisse son numéro de téléphone pour me proposer son aide si besoin. Pour moi, il a clairement agi après un conseil politique qui a dû lui être donné ». Le jeune homme ignore encore les conséquences sur sa fertilité.

Procédure judiciaire et contexte

L’entourage de Jean-Pierre Raffarin déclare : « La justice a été saisie et donc on va la laisser faire son travail ». Me Matteo Bonaglia, avocat de Victor, confirme « avoir déposé une plainte quelques jours après l’accident, surtout pour solliciter la réalisation d’un certain nombre d’actes d’enquête ».

Il évoque la crainte « qu’ils ne soient pas réalisés à temps » et la volonté d’éviter « que les preuves dépérissent ».

L’accident relance aussi la question de la voiture de fonction utilisée par Jean-Pierre Raffarin. Depuis septembre, un décret supprime les avantages « à vie » des anciens Premiers ministres. Il ne pouvait donc plus disposer d’un véhicule avec chauffeur.

Fin juin, Jean-Pierre Raffarin explique qu’il bénéficie de ce dispositif dans le cadre d’une « mission officielle temporaire et non-rémunérée quant aux relations sino-françaises », attribuée par le Quai d’Orsay.

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